Sources: Livre d’or de la Légion étrangère
La Légion à Verdun Pour la première fois, la Légion est appelée à agir sur ce champ de bataille où s’affrontèrent avec une violence encore jamais atteinte, l’Armée française et l’Armée allemande. La reconquête des positions perdues du 21 février au 20 juillet 1916 doit être poursuivie. La mission reçue par la Division marocaine (général Degoutte) est de dégager la rive gauche de la Meuse en repoussant les allemands au nord du ruisseau de Forges. Le morceau que doit enlever le Régiment de marche est d’importance, à tel point que l’opération doit s’exécuter en deux temps: la première partie réservée à la Légion, la seconde à une autre troupe. Le 20 août 1917, à 4h40, les vagues d’assaut s’élancent, collant à l’excès au barrage roulant. Les Ouvrages Blancs, la partie Est du bois de Cumières, le village de Cumières et le boyau de Forges sont enlevés dans une ruée épique avant l’heure prévue. Le lieutenant-colonel Rollet décide aussitôt d’exploiter ce brillant succès sans donner le temps à l’ennemi désemparé de se ressaisir. Sur la cote de l’Oie, l’ouvrage 265 tombe à son tour. Le 21, un nouvel effort est demandé à la Légion qui, reprenant l’attaque, emporte le village de Régnéville, le dépasse, atteint la Meuse et le village de Forges. Ce succès aura coûté des pertes minimes en regard de celles éprouvées par la Légion au cours des précédentes batailles: 53 tués, dont un officier, 271 blessés et disparus, dont 20 officiers. Le 27 septembre, le général Pétain vint passer en revue la Division marocaine, au repos dans la région de Vaucouleurs et de Bois l’Evêque. Du 20 octobre 1917 au 17 janvier 1918, la Légion occupe des positions dans le secteur de Flirey et prend part, le 8 janvier, à un vaste et fructueux coup de main mené « avec cette maîtrise qui fait de la Légion une troupe incomparable et sans équivalent dans aucune des Armées actuellement en opération ». La ruée allemande. Hangard-en-Santerre Dans le secteur anglais de Saint-Quentin, l’attaque allemande s’est déclenchée le  21 mars et, tout de suite, prend une ampleur encore jamais égalée. Le front est rompu. L’ennemi déferle vers Amiens dans une irrésistible ruée. Le 2 avril, la Division marocaine, maintenant commandée par le général Daugan, venant de la région de Vaucouleurs, débarque au Sud de Villers-Bretonneux. Le 12 avril, elle reçoit un ordre d’attaque sur l’Avre, mais l’avance des Allemands en direction d’Amiens fait courir un tel danger à cette ville que sa mission est modifiée. Le 25 avril, le Régiment de marche de la Légion étrangère est engagé à l’aile droite de la Division qui a dans ses objectifs le bois de Hangard. Elle se jette dans la bataille sans avoir eu la possibilité de préparer son action. A 5h, la Légion lance son attaque. Sous un feu infernal elle progresse vers le bois de Hangard. Le 1er bataillon est en tête. En quelques instants, tous les officiers sont fauchés. Le 3ème  bataillon est à son tour décimé. Son chef, le commandant Colin, est tué. Le capitaine Tartrais est frappé en plein cœur et le capitaine adjudant-major Maire est grièvement blessé. Les survivants du 1er bataillon sont toujours en tête, devant la 11èmè compagnie du 3ème  qui, privés de chefs sont désemparés. Le légionnaire Kemmler, volontaire luxembourgeois,, lui même blessé, prend alors le commandement et, debout sous le feu, il maintient les hommes face à l’ennemi jusqu’à l’arrivée d’un adjudant. Les pertes, dues en majeure partie aux mitrailleuses, sont de 18 officiers et 833 hommes hors de combat, mais la route d’Amiens est fermées. Montagne de Paris. Saint-Brandy Le 6 mai, la Légion est envoyée au repos dans la région de Versigny et d’Ermenonville. Ce repos sera de courte durée. Le 27 mai, les Allemands lancent une nouvelle offensive qui submerge le Chemin des Dames en une seule journée. L’Aisne, la Vesle, sont successivement franchies par l’ennemi qui réussit à atteindre la Marne à Château-Thierry. La Légion arrive le 29 mai dans la région de Saconin-Breuil afin d’interdire à l’ennemi le débouché de Soissons, ville tombée entre ses mains. Les bataillons Germann et Jacquesson tiennent ferme malgré les coups de boutoir de l’adversaire qui s’est emparé de Vauxbuin et a pris pied sur la Montagne de Paris. en cherchant à s’infiltrer vers Villers-Cotterêts. Le commandant Germann a trouvé la mort dans cette action. Relevée, la Division marocaine prend part à d’autres combats défensifs vers Vivières, Saint-Étienne-Chelles, la Râperie, Cœuvres, Saint-Bandry, Ambleny. A partir du 5 juin, la Légion organise son secteur, en particulier dans le ravin d’Ambleny à Courtanson, en avant de Saint-Bandry. Le 12, les Allemands attaquent après un puissant bombardement. Le 4ème Tirailleurs algériens et la Légion résistent. L’avance ennemi est bloquée grâce à la valeur de la Division marocaine. Le 12 juin 1918 marquait, pour les Allemands, la fin de la bataille offensive de Soissons. Plateau de Dommiers. Aconin Avec l’affaire de Saint-Bandry, la Légion a mis le point final à son action défensive. Dans la nuit du 17 au 18 juillet, la 10ème  Armée, Armée Mangin, occupe ses emplacements d’attaque dans la forêt de Villers-Cotterêts. Sans préparation d’artillerie, elle se lance sur les Allemands dont la surprise est totale. A 4h45, comme sur toute la ligne, partant se Saint-Pierre-Aigle et de l’ouest du plateau de Dommiers, la Légion bondit sur l’ennemi, appuyée par les petits chars Renault. Le 2ème bataillon (de Lannurien) est en tête. Les deux autres bataillons aident à la manœuvre en débordant les résistances ennemies. Le plateau Dommiers tombe par encerclement. Le 19 au soir, après être passée en réserve de la 2ème Brigade, la Légion déborde le ravin de Chazelles-Léchelles le 20 juillet, enlevant La Foulerie, Aconin, et arrive à la route de Château- Thierry à Soissons. Dans la nuit du 20 au 21, le Régiment est relevé. Ses pertes sont importantes: 780 officiers et légionnaires. Le commandant Marseille a été blessé et son successeur au 3ème  bataillon, le commandant de Sampigny a été tué. La brèche dans la position Hindenburg Du 2 au 14 septembre 1918, le Régiment de marche de la Légion étrangère est de nouveau jetée dans la bataille, dans le secteur de Laffaux. Objectif, enlever les puissantes défenses de la ligne Hindenburg. Les américains ont vainement attaqué vers Terny-Sorny du 29 au 31 août. Le 1er septembre, la Légion les relève. Le 2, elle enlève le village de Terny-Sorny, action au cours de laquelle le chef du 2ème bataillon, le capitaine de Lannurien, est mortellement blessé. Le 5, le bataillon Maire (3ème) occupe Sorny, Neuville-sur-Margival et le tunnel de Vauxaillon. Les hommes se battent jour et nuit. Malgré ses pertes, la Légion, avec la Division marocaine, reçoit l’ordre de pousser encore en avant,  et d’enlever les derniers retranchements de cette fameuse ligne Hindenburg. Le 14 septembre, avec le bataillon malgache et le bataillon russe, le bataillon Maire et les éléments du bataillon Sanchez-Carrero s’élancent à l’attaque. Le château de la Motte et le village d’Allemant sont successivement enlevés. Treize jours de combats ininterrompus aboutissent à la rupture de la ligne Hindenburg. Le capitaine Sanchez-Carrero est tombé à la tête de ses hommes. 275 légionnaires dont 10 officiers étaient tués, 1158 dont 15 officiers étaient blessés. Pendant un mois et demi, la Légion panse ses blessures et se reconstitue dans la région de Rosière-aux-Salines puis de Saulxures-les-Nancy. Le 26 octobre, elle prend les lignes dans le secteur absolument calme de Champenoux où trente divisions se massent pour une attaque destinée à enlever Metz. Le 11 novembre, la sonnerie de « Cessez le feu » vient surprendre le R.M.L.E  Copyright 2011 le fanion vert et rouge. Tous droits réservés. Concepteur J-Yves Morvan