Copyright 2011 le fanion vert et rouge. Tous droits réservés. Concepteur J-Yves MorvanDepuis 1881, la Légion étrangère, refoule les dissidents du Sud-Oranais.La conquête de l’Algérie ait une grande école pour l’Armée française. Elle lui a procuré un terrain d’entraînement tactique, de premier ordre. Appelée à servir dans de nouveaux pays, l’Armée d’Afrique allait y apporter le fruit d’une expérience acquise pendant plus de cinquante ans.Parmi les troupes d’Afrique, ce sont les légionnaires qui furent le plus fréquemment appelés à participer à ces campagnes auprès des troupes appartenant à la Marine. Devenue troupe coloniale, c’est la 8 novembre 1883 que le 1er bataillon de la Légion étrangère, fort de 600 hommes sous les ordres du commandant Donnier, débarque à Haïphong, puis se concentre à Hanoï. La Légion demeurera présente au Tonkin tant qui sera arboré notre drapeau.L’amiral Courbet, commandant les forces de terre et de mer, en vue de refouler les Pavillons-Noirs hors du Delta, décide d’enlever leurs places d’armes principales: Son-Tay et Bac-Ninh.Son-Tay est puissamment fortifiée, défendue par 25 000 réguliers chinois ou Pavillons-Noirs déterminés, les légionnaires sont lancés sur la porte ouest, y pratiquent une brèche et mettent l’ennemi en fuite. Le légionnaire Minnaërt escalade le premier la plate-forme et y plante le drapeau français.Après la prise de Son-Tay le 1er bataillon retourne à Hanoï et y reste jusqu’au 31 décembre.La chute de Son-Tay, le 16 décembre 1883, restera pour l’amiral Courbet un titre de gloire magnifique.En février 1884, un deuxième bataillon de la Légion (commandant Hutin) débarque à Haï-Duong et se joint au premier pour marcher sur Bac-Ninh avec la colonne du général de Négrier, partie de Sept-Pagodes. Après une série de durs combats, la ville est atteinte. « A la Légion, l’honneur d’enter la première dans Bac-Ninh... » dit un ordre du général de Négrier. Le 12 mars, les légionnaires enlèvent les ouvrages couvrant la place, poursuivant les chinois, pénétrant en même temps qu’eux dans la citadelle.Les mois suivants, les 1er et 2ème bataillons sont regroupés à Son-Tay puis traversent la Rivière-Noire. Hung-Hoa est occupé par le 2ème bataillon de Légion, tandis que le 1er, appuyé par les canonnières, atteint le 1er juin Tuyen-Quang où il laisse les 3ème et 4ème compagnies. Deux mois plus tard, les Chinois barrent la rivière Claire. Tuyen-Quang est maintenant isolé du reste du Tonkin. Affaiblie par ses nombreux malades, la garnison de la place est relevée, le 19 novembre, par les 1ère et 2ème compagnies du 1er bataillon. Tuyen-Quang, vieille masure chinoise construite en briques au fond d’une cuvette, entourée d’une forêt impénétrable, reste coupé de Son-Tay.Les défenseurs de cette citadelle (les 1ère et 2ème compagnies du 1er Etranger, une compagnie de tirailleurs tonkinois, une section d’Artillerie de Marine, huit sapeurs du Génie et les marins de la canonnière « La Mitrailleuse »), sous les ordres du commandant Dominé, du 2ème bataillon d’Afrique, vont accomplir le plus haut fait d’armes de la conquête du Tonkin contre l’armée chinoise du Yunnan. C’est 600 hommes vont, du 23 janvier au 3 mars 1885, résister aux assauts répétés d’environ 20 000 ennemis braves, bien armés et sachant à merveille pratiquer la guerre des mines. L’arrivée de la brigade Giovaninelli, accompagnée du général Brière de l’Isle, met fin au siège de Tuyen-Quang.Pendant ce temps, les 2ème (commandant Diguet) et 3éme bataillons (commandant Schoeffer) de la Légion, formant sous le commandement du lieutenant-colonel Donnier, le 4ème de marche de la 2ème brigade du général de Négrier, participent à l’offensive sur Lang-Son. Partant de Chu, la colonne enlève successivement, du 3 au 13 février, les lignes fortifiées de l’ennemi de Dong-Son et entre à Lang-Son.Tandis que la colonne occupe Lang-Son et les forts environnants, les deux bataillons Étrangers sont laissés à Ki-Lua où ils se retranchent. Le 28 mars au petit jour, Ki-Lua est attaqué, des masses innombrables de Chinois déferlent sur Lang-Son. Dans l’après-midi, le général de Négrier est blessé d’une balle à la poitrine et remet le commandement de la colonne au lieutenant-colonel Herbinger qui décide de battre en retraite sur le Delta. La colonne arrive à Chu le 1er avril où elle apprend que les préliminaires de paix ont été signés entre la France et la Chine et que les hostilités doivent cesser immédiatement.Quand à lui, le 4ème bataillon de la Légion, débarqué le 21 janvier 1885 à Kelung (Formose), sous les ordres de l’amiral Courbet, prend part à une colonne chargée de chasser les Chinois des lignes qu’ils occupent sur les hauteursDu 4 au 6 mars, la colonne enlève successivement la Montagne de Charbon et plusieurs ouvrages fortifiés, refoulant les Chinois sur la rivière Tam-Sui et sur ses camps de Louan-Louan, dont elle s’empare.Le 17 mars, les opérations sont arrêtées par l’armistice. Formose est évacué. Le 4ème bataillon du 2ème Etranger (depuis le 1er janvier 1885) est dirigé sur Phu-Nho-Quang pour surveiller les frontières de l’Annam.En 1886, le 1er bataillon de la Légion occupe la région de Cao-Bang, le 2ème la région de That-Khé, le 3èmeTuyen-Quang, le 4ème Lao-Kay et Yen-Bay.A la fin de 1907, le Tonkin paraît entièrement pacifié. Durant les années qui précédèrent la guerre de 1914, la Légion contribua à tracer tout au long de la frontière, un immense chemin de ronde fait dans le roc, à coups de pioche, par les légionnaires.En 1918, l’insécurité règne de nouveau au Tonkin d’où la nécessité de renforcer les troupes. C’est pourquoi trois bataillons de Légion viennent compléter ceux qui s’y trouvent déjà, et, en septembre 1930, l’ensemble constitue le 5ème régiment étranger d’infanterie.En septembre 1940, une puissante division japonaise de « l’Armée de Canton » franchit la porte de Chine. Les quatre bataillons du 5ème Etranger (colonel de Cadoudal) barrent le défilé de Dong-Mo. L’action diplomatique menée aussitôt par l’amiral Decoux, gouverneur général de l’Indochine, entraîne l’arrêt des opérations et le retrait des troupes japonaises.Au même moment, la Légion intervient sur un autre front, le Siam. Les bataillons de Légion livrent combat en avant de Sisophon pour défendre la Cambodge.L’attaque générale et en force de nos troupes par l’Armée japonaise d’occupation, le 9 mars 1945, est une surprise totale. Les éléments principaux du 5ème Etranger (trois bataillons) sont basés à Tong.A Ha-Giang, les légionnaires sont presque tous massacrés. Le peloton motorisé de Lang-Son (sous-lieutenant Duronsoy) est sauvagement massacré par traîtrise. Le détachement motorisé commandé par le capitaine Fenautrigues, et surpris par l’agression nippone dans la citadelle d’Hanoï. Le capitaine y est tué. A Tong, c’est une atroce tuerie.Entourés d’ennemis, les trois bataillons de Légion se joignent à plusieurs bataillons indigènes, à un groupe d’artillerie et à des éléments de toute provenance. Le groupement ainsi constitué, placé sous le commandement du colonel Alessandri, va tenter de gagner la montagne pour y porter la guérilla et y durer au maximum.La rivière Noire est franchie le 10 mars par les 1er et 2èmes bataillons. Rejoints au soir par le 3ème.Alors commence cette terrible « retraite des Dix mille » en direction de la Chine. Après 800 kilomètres de marche où les étapes sont souvent des combats, les derniers éléments du 5ème Etranger franchissent la frontière de Chine le 2 mai au nord de Lautoni. Les légionnaires auront encore à parcourir 450 kilomètres pour atteindre Montzeu où ils attendront la chute du Nippon. Le 8 février 1946, le 5ème Etranger, composé d’un seul bataillon (commandant Gaucher), quitte ses cantonnements de Tsao-Pa pour rejoindre, par les pistes de la Chine, le Tonkin.