Copyright 2011 le fanion vert et rouge. Tous droits réservés. Concepteur J-Yves Morvan La défense de Mousseiffré En 1921, le 4eme bataillon du 4eme Etranger est le premier arrivé en Syrie, bientôt suivi par le 5eme bataillon. Pendant les trois années qui précédèrent l’insurrection druse, en juillet 1925, il se déroule peu d’événements marquants en dehors de la colonne des Alaouites, de travaux de pistes et notamment la construction du camp de Deir-ez-Zor, du poste de Hassetché (17eme compagnie montée du 4eme bataillon) et de la route de trois cents kilomètres qui, par Rakka, relie ce point à la grande ciré d’Alep. En novembre 1924, le 5eme bataillon relève le 4eme qui rejoint l’Afrique du Nord. Le 18 juillet 1925, des avions survolant le djebel Druse reçoivent des coups de fusil. Ce sont les prémices de l’attaque menée le lendemain par le chef druse Soltan el Attrache, contre le centre principal du Sud du djebel, Salkhad. Le 22, un sanglant combat, causant la perte de 8 officiers et de 107 légionnaires, met aux prises, à Kafer, au Sud-Est de Soueida, capitale de djebel Druse, les contingents de Soltan el Attrache et la compagnie de Légion commandée par le capitaine Normand. Le soir, Soueida est bloquée. La colonne qui a reçu mission de dégager cette citadelle, subit un très grave échec les 2 et 3 août. Les conséquences ne se font pas attendre. La révolte gagne Damas et le sud de la Syrie. Pour couvrir la formation d’une nouvelle colonne de secours, le village de Mousseifré est occupé par le 5eme bataillon du 4eme Etranger, commandé par le chef de bataillon Kratzert, par le 4eme du 1er Etranger de cavalerie, sous les ordres du capitaine Landriau, et par un peloton d’automitrailleuses de cavalerie. La 17eme compagnie montée est à Deir-ez-Zor, tandis que débarque à Beyrouth une compagnie de renfort. Le 16 septembre, en fin de journée, la 1ere compagnie du bataillon reçoit de Soueida, par optique, le message suivant: « 3 000 druses, étendards déployés, se portent en direction de Mousseifré, attaque probable cette nuit ». A l’aube, c’est l’assaut massif de milliers de Druses surgis de l’ombre sur toutes les faces de Mousseifré. Pour comble du haut des terrasses  et des fenêtres des maisons, donc de l’intérieur du village, des Druses, cachés jusqu’à présent, appuyés par la population de Mousseifré, soutiennent d’un feu nourri l’assaut venu de l’extérieur. La situation est intenable dans les postes. Le sous-lieutenant Dupetit, le maréchal des logis Prymack et plusieurs cavaliers de la Légion sont tués. Les gardes du bivouac des chevaux luttent corps à corps. Mais les hommes se ressaisissent. Les canons de 37 des automitrailleuses se mettent de la fête et les tireurs embusqués sont vite réduits au silence. Les assaillants de l’extérieur renouvellent inlassablement leurs assauts mais, à partir de 10 heures, Druses et Hauranais se montrent moins pressants tant leurs pertes sont lourdes. A 14 heures, apparaissent des avions de l’escadrille de Déraa. L’assaillant fuit dans le plus grand désordre sous les bombes dont l’action destructrice est aidée par les mitrailleuses de la Légion. La fraction ennemie se trouvant à l’intérieur de Mousseifré ne pourra pas s’échapper. A 16 heures, envoyés de Ghazalé, un bataillon du 16eme Tirailleurs et un peloton d’automitrailleuses arrivent à la rescousse. Au jour, le terrain offre l’aspect d’un champ de carnage, Druses et Hauranais comptent 500 tués et 500 blessés. Dans nos rangs nous comptons 47 tués et 83 légionnaires blessés. Le combat victorieux de Mousseifré démoralisa les Druses, et les opérations entreprises pour atteindre Soueida furent couronnées de succès. Le 24 septembre, la citadelle fut délivrée. La défense de Rachaya Après avoir nettoyer les abords de l’Hermon, la colonne du Liban-Sud, où figure l’escadron Landriau du 1er Etranger de cavalerie de Légion, s’établit à Rachaya, vieille citadelle franque, afin de mieux surveiller la région. Le capitaine Granger, du 12eme régiment de spahis tunisiens, commande le détachement. Le 19 novembre 1925, une force de 3 000 fusils préparant une attaque sur le village de Rachaya, la petite garnison reçoit l’ordre de tenir « coûte que coûte ». Rachaya est loin d’être une position inexpugnable. Le 20 novembre, faisant brusquement irruption des maisons, les Druses attaquent au moment de l’abreuvoir des chevaux de l’escadron. Repoussés, ils repartent à l’assaut les jours suivants, attaquent qui atteindront une grande violence dans la journée du 23. Au combat à la baïonnette succède l’action des mitrailleuses. Les Druses sont rejetés, mais tous les chevaux de l’escadron ont été abattus par nos balles. A midi, la situation commence à devenir critique. Nos pertes sont lourdes. Il n’y a plus de grenades et très peu de cartouches. Le capitaine Landriau prend le commandement du détachement après la mort du capitaine Granger. Quoique très éprouvés, les Druses continuent leurs attaques. Nos hommes sont épuisés et quand, dans la journée du lendemain, les avions viennent apporter une diversion très attendue, et qu’apparaissent les premiers éléments du 6eme Spahis, il reste à peine 15 cartouches par hommes. Ces quatre jours de combats acharnés ont coûté à l’escadron Landriau 58 tués et blessés, mais le nom de Rachaya s’inscrivait avec celui de Mousseifré dans les fastes du 1er Etranger de cavalerie.   
Sources: Livre d’or de la Légion étrangère Proche-Orient Mousseifré et Rachaya - 1925 -