Sources:Livre d’or de la Légion étrangère, L’aventure légionnaire de Bernard Quris et La Légion par Erwan Bergot.
1862Il y a cinq ans déjà que le maréchal Randon a proclamé en Algérie: « Soldats, votre mission est accomplie... des cimes du Djurjura jusque dans le sud, le drapeau de la France se déploie victorieusement... ». Désormais l’Algérie est virtuellement conquise et l’épopée de la « Vieille Garde » semble achevée lorsque Napoléon III décide l’expédition du Mexique. Les échos de cette nouvelle campagne parviennent à Sidi-bel-Abbès. Les légionnaires rêvent d’y participer.Voici trois ans que l’armée impériale française se bat au Mexique pour installer, à la place de la république de Juarez, l’archiduc Maximilien d’Autriche, frère de l’empereur François-Joseph. Or, la Légion ne fait pas partie de l’expédition. Son amertume s’accentue plus encore lorsque les Zouaves qui forment brigade avec le Régiment étranger partent à leur tour. Pour exprimer leur indignation, les officiers adressent directement une pétition à l’Empereur qu’il transmet à son ministre, le maréchal Vaillant. Celui-ci a une saine réaction de militaire: il fait mettre aux arrêts les plus anciens dans chaque grade. Malgré tout, l’idée fait son chemin.Le 19 janvier 1863, enfin, ordre est donné à la Légion de former deux bataillons de marche. Aux ordres du colonel Jeanningros, les deux bataillons iront au Mexique.Le commandant Munier, commande le 2ème bataillon et le commandant Regnault le 1er. Ils embarquent à Mers el-Kébir le 9 février 1863. C’est un effectif de 2 000 hommes qui débarque à Vera Cruz le 28 mars. Le second siège de Puebla bat son plein.Le régiment étranger, malgré les nombreuses démarches de son chef, ne participe pas aux combats devant cette ville. Il est chargé d’assurer la sécurité des lignes de communications entre Vera Cruz et Puebla, d’escorter les convois et de créer des colonnes mobiles pour traquer les guérilleros dans la partie la plus malsaine du pays: les « Terres Chaudes ».En dehors du climat meurtrier (la fièvre jaune qui décime les unités), il y a l’ennemi. Les légionnaires sont épiés jour et nuit, Les convois qu’ils escortent sont fréquemment attaqués. Les Mexicains ne sont impressionnés par les nouveaux arrivants.Les 18 et 20 avril, Antonio Diaz, maire de Jalapa, attaque à la tête d’une forte bande le chantier du chemin de fer. La première fois , le coup de main réussit fort bien. Le chantier est saccagé, les ouvriers dispersés, l’escorte massacrée. La deuxième fois, Antonio Diaz trouve devant lui le commandant Munier, gouverneur de Tajada, et une compagnie du 2ème bataillon aux ordres du capitaine Dubosq. La Légion réagit et contre-attaque aussitôt. Les Mexicains sont taillés en pièces et le lieutenant Milson, officier légionnaire d’origine prussienne, tue Diaz de sa propre main.Surprise chez les Mexicains. Ils apprennent qu’il leur faut désormais compter avec la Légion.Le 30 avril 1863, la 3ème compagnie du 1er bataillon, commandée par le capitaine Danjou, assure la protection d’un convoi qui se rend à Puebla. Il est 7h30, c’est la pause café. Le caporal de faction aperçoit une colonne de poussière au-dessus de la route de Chiquihuite. Il donne l’alerte. Ce sont les cavaliers ennemis. Les légionnaires ne boiront pas de café.Ce sera le combat de « Camerone ». Après onze heures de combat, contre 2 000 Mexicains, la 3ème compagnie du 1er bataillon du régiment étranger a cessé d’exister.Le colonel Francisco de Paula Milan et sa brigade « du Centre » sont maîtres du terrain. Mais à quel prix!En fixant ses adversaires toute une journée, Danjou et ses hommes ont fait mieux que bien se battre. Ils ont sauvé le corps expéditionnaire tout entier. L’empereur Napoléon III prescrit que le fait d’armes de Camerone, qui sauve le convoi et contribue à la victoire de Puebla, serait inscrit sur place sur le drapeau du Régiment étranger.Pour lire le récit du combat de Camerone, cliquez sur l’onglet « Création et Traditions ».Le Régiment étranger poursuit dans les Terres Chaudes sa tâche pénible et obscure.Le 1er janvier 1864, le 3ème bataillon resté en Algérie embarque pour le Mexique.Pendant ce temps, les 1er et 2ème bataillons donnent des preuves de leurs valeurs dans la pacification de l’État de Puebla. Le 29 mai 1864, l’arrivée de Maximilien d’Autriche, le nouvel empereur du Mexique, ne fait qu’accroître l’agressivité de l’adversaire. A l’issue des opérations, les 1er et 2ème bataillons participent au siège de Oaxaca qui capitule le 9 février 1865 après deux mois de durs combats.Le 13 décembre 1866, le Régiment étranger reçoit l’ordre de quitter le Mexique.Lors de sont repli le Régiment étranger retraverse les Terres Chaudes et passe à Camerone. Autour de la tombe de leurs camarades, marquée par une colonne brisée, les légionnaires forment le carré. Les tambours battent « Aux Champs ».En février 1867, la Légion quitte le Mexique.C’est au Mexique, dans l’exécution de sa première et humble tâche que la Légion accomplira un des exploits les plus éclatants de son histoire, entre les murs noircis de l’hacienda de Camerone. Copyright 2011 le fanion vert et rouge. Tous droits réservés. Concepteur J-Yves Morvan