Chant du marais

Le Chant des Marais, hymne européen de la déportation, est une oeuvre collective créée en juillet-août 1933 dans le camp de concentration nazi de Boergermoor.

Il y fut chanté quelques jours plus tard devant près de 1000 détenus, qui en reprirent  aussitôt le refrain.

Avant même le déclenchement de la guerre,  il était connu, parfois sous des variantes, en Europe entière, chanté dans les prisons et camps d'internement de France créés par le régime de Pétain.

Il illustre à jamais les premières ténèbres concentrationnaires, la souffrance des "bagnards des marais", leur refus de l'avilissement. Il délivre un message, une exhortation.

Chant de détresse et pourtant de résistance, de dignité et d'espérance, le Chant des Marais est né de la boue dans laquelle la barbarie nazie voulait anéantir des hommes.
La FNDIRP en livre l'histoire afin que nul n'oublie, afin que tous veillent

     " NAISSANCE DU "BÖRGERMOORLIED".

Selon une coutume militaire, les SA, puis les SS, exigeaient que les détenus  chantent : sur le chemin conduisant le camp au marais qu'ils devaient assécher, en  pelletant, lors des appels. Dans cette communauté de misère soudée par une forte cohésion, germa rapidement l'idée de créer un chant qui serait celui des bagnards du marais, pelletant sans relâche sous la contrainte tout en continuant à espérer... Au lendemain d'une nuit de brimades et de sévices, un ouvrier mineur de Marienburg nommé ESSER, "homme d'un certain âge, calme et réfléchi", qui avait déjà publié des poèmes dans le journal l'Echo de la Ruhr, promis d'y  réfléchir. Un autre détenu, Rudy GOGUEL, en composa l'air. Mais comment créer une musique dans ces conditions infernales ?

 I

Loin dans l'infini s'étendent
De grands prés marécageux
Pas un seul oiseau ne chante
Sur les arbres secs et creux

III

Dans ce camp morne et sauvage
Entouré d'un mur de fer
Il nous semble vivre en cage
Au milieu d'un grand désert.

   Refrain

Oh! Terre de détresse
Où nous devons sans cesse
Piocher. Piocher.

 

Dernier refrain

Oh! Terre d' allégresse
Où nous pourrons sans cesse
Aimer - Aimer

 II

Bruit des pas et bruit des armes
Sentinelles jours et nuits
Et du sang, des cris, des larmes
La mort pour celui qui fuit.

IV

Mais un jour dans notre vie
Le printemps refleurira
Liberté, Liberté chérie
Je dirai: Tu es à moi.