| La victoire en chantant nous ouvre la barrière. La liberté guide nos
pas, Et du Nord au Midi la trompette guerrière. A sonné l'heure des
combats. Tremblez, enemis de la France! Rois ivres de sang et
d'orgueil! Le peuple souverain s'avance: Tyrans, descendez au
cercueil!
De nos yeux maternels ne craignez pas les
larmes; Loin de nous de laches douleurs! Nous devons triompher quand vous
prenez les armes. C'est aux rois à verser des pleurs. Nous vous avons
donné la vie, Guerriers! Elle n'est plus à vous; Tous vos jours sont à la
patrie: Elle est votre mère avant nous!
Que le fer paternal arme la main des braves! Songez
à nous, au champ de Mars; Consacrez dans le sang des rois et des
esclaves. Le fer béni pas vos veillards; Et rapportant sous la
chaumière. Des blessures et des vertus, Venez fermez notre
paupière. Quand les tyrants ne seront plus! |
De barra, de Viala, le
sort nous fait envie: Ils sont morts,
mais ils ont vaincu. Le lâche accablé d'ans n'a point connu la vie; Qui
meurt pour le peuple a vécu: Vous êtes vaillants, nous le
sommes: Guidez-nous contre les tyrans; Les républicans sont des
hommes, Les esclaves sont des enfants!
Partez, vaillants époux, les combats sont vos
fêtes, Partez, modèles des guerriers. Nous cueillerons des fleurs pour
enceindre vos têtes, Nos mains tresseront vos lauriers. Et, si le temple
de mémoire S'ouvrait a vos manes vainqueurs, Nos voix chanteront votre
gloire, Nos flancs porteront vos vengeurs.
Et nous, soeurs des héros, nous, qui de
l'hymène Ignorons les aimables noeuds, Si pour s'unir un jour a notre
destinée Les citoyens forment des voeux, Qu'ils reviennent dans nos
murailles Beaux, de gloire et de liberte, Et que leurs sang dans les
batailles Ait coulé pour l'egalité. |