Toute duplication, même partielle et autre qu’à usage strictement privé, doit faire l’objet d’une demande préalable écrite et de l’accord écrit de Guy Jurado

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Camerone à camarón

Las Tinajas de Palo Verde, point d’eau où le Capitaine Danjou envoya la corvée d’eau pour le café.

 

 

 Le Général Gardy et Guy Jurado à Camarón

 Recueil de terre sur les traces de l’hacienda

 

Cette évocation n’a en aucune façon la prétention d’être autre chose que le récit d’une commémoration, précédé de renseignements d’ordres historique, géographique et humain afin de mieux expliquer ce que fut CAMERONE et pourquoi l’anniversaire du combat et plus particulièrement l’anniversaire auquel j’ai participé, dégage une force d’évocation émouvante.

Il ne m’a cependant été possible de rédiger ce texte, honnêtement j’entends, que grâce à l’aide précieuse et tellement sympathique qui m’a été apportée par plusieurs membres de l’Association CAMERONE du Mexique. Je pense plus particulièrement à Monsieur Louis Hallard, Vice-Président exécutif, l’un des plus actifs artisans du Mémorial, au Général Pénette, co-auteur avec le Capitaine Castaingt, aujourd’hui décédé, de « La Legion estranjera en la intervenciõn francesa » et auteur d’une plaquette

« Histoire du Mémorial de CAMERONE ». Grâce aussi à Monsieur Louis Sol La Lande, véritable historien avec le Général Pénette, de l’Association, et qui, par ses incessantes recherches, a contribué à préciser ou à rectifier certains points de l’histoire du combat.

Qu’ils soient tous ici remerciés.

                                                                                                                    G.  Jurado

Le Récit...

LE DEPART DE SIDI-BEL-ABBES

26 janvier 1863. Deux bataillons du Régiment Etranger quittent Sidi-Bel-Abbès.

Le 1° Bataillon de marche a à sa tête le Commandant Mounier, le 2° le Lieutenant-Colonel Giraud. Le régiment, sous les ordres

du Colonel Jeanningros, passera sa première nuit à Oued-Imbert, la seconde à Sainte-Barbe-du-Tlélat.

 

Oran vit les derniers préparatifs du R.E et le 7 février, le Général de Division Deligny Commandant la zone militaire d’Oran, passa en revue les deux bataillons de marche, leur rappela le glorieux passé de leur unité et leur indiqua leur future ligne de conduite. Le 10, à Mers-el-Kébir, le « Saint-Louis », le « Wagram » et le transporteur « Finistère » sortirent de la rade à destination du Mexique. Dans leurs flancs, outre l’unité de Légion et le 1° Régiment de Zouaves, se trouvaient mulets, caisses de vivres et de munitions, barils de poudre…

 

La Légion Etrangère était à l’aube d’un de ses jours de gloire, celui qui devait devenir le symbole du courage, de l’abnégation et de la bravoure et que l’Histoire nommera CAMERONE.

 

Légionnaires

POURQUOI L’INTERVENTION FRANCAISE AU MEXIQUE ?

Peut-être est-il nécessaire, pour mieux comprendre le but de cette expédition, d’en rappeler les raisons … 

1861 au Mexique – Benito Juarez est élu Président de la Republica de los Estados Unidos Mexicanos, consacrant ainsi la victoire des Libéraux.

La  situation financière est loin d’être brillante aussi Juarez décide de suspendre le paiement de la dette extérieure due à l’Angleterre, l’Espagne et la France. En décembre de cette même année, le Général espagnol Prim, Commandant en Chef, arrive devant Veracruz afin de faire valoir les droits de son pays.

En janvier 1862, c’est au tour des détachements français et anglais de le rejoindre. Très vite surgira un désaccord entre les trois pays intervenants sur le but réel à atteindre.

En effet, le Général Laurencez, l’espagnol Prim et l’anglais Sir Charles Wike, n’étaient pas en réalité au Mexique pour les mêmes raisons. Si les ibériques et les sujets de sa Majesté venaient simplement exiger le paiement de la dette, trop longtemps différée, Napoléon III avait en réalité d’autres intentions.

Sous l’influence d’Eugénie et de conservateurs mexicains exilés et menacé par sa vie privée et ses erreurs politiques, il avait formé le projet de la constitution d’un grand empire latin, du Texas à Panama.

La guerre de Sécession y sévissant elle empêcherait toute participation des américains du nord. La présence de troupes françaises et de la fraction conservatrice mexicaine favorable à une intervention étrangère, lui permirent d’affirmer son projet d’empire avec à sa tête l’Archiduc Maximilien, frère ruiné de l’Empereur d’Autriche.

   

          Estados Unidos Mexicanos

 

Estado de Veracruz

En avril 1862, anglais et espagnols, en désaccord complet avec cette politique, réembarquèrent à Veracruz alors que les guérilleros mexicains recrutés et commandés par les conservateurs Marques et Almonte, rejoignaient les français.

Le 5 mai 1862, nos troupes essuyèrent un cuisant revers devant Puebla, se retirant jusqu’à Orizaba, ajoutant ainsi une journée de congé aux élèves des écoles mexicaines ( promu jour de fête nationale). Conséquence plus dramatique, environ 1000 tués sur le terrain. A la suite de cet échec, plus de 30 000 soldats français, sous les ordres du Général Forey, débarquèrent à leur tour à Veracruz, attendant pendant sept mois sur le littoral du Golfe du Mexique, pendant que Juarez recrutait et préparait ses troupes !

En janvier 1863, Forey se dirige à nouveau sur Puebla et le 16 mars, commença le siège de cette ville d’altitude située à 120 km de Mexico. Malgré les précautions prises par les assiégés et pour des raisons majeures de ravitaillement, deux mois plus tard, la ville se rendait, ouvrant la route vers Mexico. Deux mois plus tard, la capitale sera prise à son tour, sans combats, Juarez ayant battu en retraite.

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