Depuis 1863, la Légion étrangère conserve un prestige qui ne se dément pas. Le secret de cette longévité ? Des traditions solidement ancrées et des symboles transmis de génération en génération... Aux yeux du grand public, le légionnaire se reconnaît avant tout à ses particularités vestimentaires. Bien qu’en règle générale l’uniforme soit celui de l’infanterie métropolitaine, des détails distinctifs ont permis au légionnaire de se singulariser. La Légion puise dans son esprit de corps une partie de la force qu’elle ne saurait tirer de sources plus classiques, telles que le patriotisme. C’est ce qu’exprime la devise de la Légion:                                                                “ Legio patria nostra “ Les traditions contribuent à donner toute sa puissance et sa vivacité à un esprit de corps qui repose sur quatre piliers qui sont l’essence même de l’éthique légionnaire: - Le caractère sacré de la mission - La rigueur dans l’exécution - La solidarité - Le culte du souvenir    Copyright 2011 le fanion vert et rouge. Tous droits réservés. Concepteur J-Yves Morvan Source: Le grand livre des insignes de la Légion étrangère de Tibor Szecsko. Le béret vert Son usage est plus récent. A l’origine, ce sont les légionnaires parachutistes qui le portaient lors de la guerre d’Indochine, pour se différencier de leurs camarades coloniaux ou métropolitains. Pendant la guerre d’Algérie, le port en est progressivement étendu (1958-1959) à toutes les unités, dans toutes circonstances, en alternance avec le képi, sauf en ville ou à la parade. La grenade à sept flammes Attribuée officiellement au Régiment étranger à la fin de 1873, elle se présente avec flammes écartées et bombe pleine. Par la suite, le nombre de flammes, leur disposition, l’aspect de la bombe sont sujets à maintes variations. Dans les années qui précèdent la Seconde Guerre mondiale, l’attribut prend progressivement la forme qu’on lui connaît aujourd’hui: sept flammes (dont deux en retour), le plus souvent accolées, et bombe creuse portant le numéro du régiment.   Le képi blanc Devenu un attribut légendaire du corps, il n’en a pourtant pas toujours été la marque spécifique. Au siècle dernier, les divers corps de troupe opérant en climat chaud portaient souvent une coiffure blanche, parfois accompagnée d’un couvre-nuque flottant; ce fut particulièrement le cas lors des campagnes du Second Empire... La couleur en était d’ailleurs surtout kaki. Les lavages répétés et les atteintes du soleil vont finir par amener un pâlissement marqué qui, aux yeux des hommes, va devenir l’attestation de leur qualité de “baroudeur” et de vétéran du bled. C’est après la Grande Guerre que le képi blanc devient progressivement la marque distinctive de la Légion étrangère. La prescription ministérielle de 1926 reconnaît aux légionnaires le port distinctif du képi. En 1933, une autre décision officielle admet implicitement la coiffe blanche du képi comme leur caractéristique en tenue de sortie. Dès lors, la tradition fait tache d’huile dans toute l’Afrique du Nord et au Levant. Lors du défilé du 14 juillet 1939, le public parisien - déjà sensibilisé par le cinéma - découvre de visu ce qui est devenu l’apanage de la Légion... Képi blanc rime désormais avec légionnaire. Aujourd’hui, les engagés volontaires le reçoivent en grande cérémonie à l’issue de l’instruction au sein du 4e régiment étranger.   Les épaulettes vertes et rouges Le port en remonte à 1868, après la suppression des compagnies d’élites (grenadiers et voltigeurs) dans toute l’armée française. La couleur verte du corps et rouge des tournantes et franges sont spécifiques à la Légion dès cette époque. A partir de 1881, on ne les porte plus qu’en garnison. Supprimées une première fois de 1884 à 1887, elles le sont à nouveau en 1915. C’est en 1930 que le colonel Rollet obtient leur résurrection, en prévision des festivités du centenaire de la Légion étrangère.   La cravate verte Elle était portée avant 1939 par les officiers en Algérie. En 1945 elle s’est généralisée par la récupération de surplus provenant des chantiers de jeunesse. Son port est réglementaire depuis 1946.  Les chevrons d’ancienneté Portés sous l’écusson de manche gauche par les hommes de troupe et les sous- officiers, ils sont la preuve visible de l’ancienneté de service du légionnaire, selon un usage remontant à 1929, qui lui même est l’héritier de pratiques plus anciennes ( les brisques d’autrefois); chaque chevron correspond à un période de cinq ans accomplie au sein de la Légion étrangère  La ceinture bleue Remontant à l’époque de la conquête de l’Algérie, cette ceinture était à l’origine une précaution sanitaire et se portait sous les vêtements pour tous les soldats de l’armée d’Afrique. Par la suite, de couleur bleue ou rouge, elle devînt plutôt un attribut décoratif et se porta de manière visible, extérieurement, sur la capote ou sur la veste. C’est en 1882 que la Légion se vit officiellement attribuer la ceinture bleue. Le tablier des pionniers Spectaculairement visible lors des défilés, les pionniers arborent un tablier qui est un héritage du XVIII°  siècle; à cette époque, les sapeurs d’infanterie portaient un tablier de peau de couleur jaune. A la Légion, utilisé dès 1835, en Espagne, porté épisodiquement depuis cette date, la création de compagnies de sapeurs-pionniers au sein des régiments étrangers après la Grande Guerre fut l’occasion de remettre en vigueur par la suite cette marque distinctive lors des défilés, rappelant ainsi la vocation de bâtisseur des légionnaires par une très vieille tradition de l’armée française.   En 1947, le titre choisi par la revue officielle de la Légion « Képi blanc » ne sera que la concrétisation de la réalité devenue une légende.