Source: Livre d’or de la Légion étrangère
En 1836, le commandant Bedeau et ses hommes abordaient la terre d’Afrique au moment où venait d’échouer la première expédition contre Constantine (novembre 1836). Cette opération marquait la volonté du Gouvernement français de pénétrer davantage vers l’intérieur de la terre algérienne et de ruiner les derniers vestiges de la puissance ottomane. On ne pouvait rester sur un échec et, dès l’année suivante, une seconde expédition est décidée. En septembre 1837, la Légion est organisée en un régiment à deux bataillons sous le commandement du colonel de Hulsen. Après avoir pris part à des colonnes dans la région d’Alger, elle reçoit l’ordre de former un bataillon de marche fort de 500 hommes, sous les ordres du commandant Bedeau, pour participer à l’opération de Constantine, organisée par le général de Damrémont aux environs de Bône, où,débarquent des renforts venus de France. L’Armée quitte le camp de Medjez-Amar le 1er octobre 1837. Six jours après  son départ, l’Armée arrive devant Constantine, l’antique Cirta des Numides. On ne peut imaginer une place de guerre plus escarpée et plus inaccessible, assise sur un unique rocher aux pans taillés à pic et d’une grande hauteur. Constantine semble défier les attaques de l’homme. Le 9 octobre, le siège débute par l’ouverture du feu des batteries. Le 13 dans la matinée l’assaut est donné par trois colonnes dont la deuxième, forte d’environ 600 hommes, compte une centaine de légionnaires. Malgré la résistance farouche de l’ennemi, la ville se rend. Cet assaut de Constantine a été mené avec une incomparable audace. Toutes les troupes ont montré une grande bravoure. Des pertes cruelles en officiers supérieurs dont trois officiers généraux et parmi eux le gouverneur général commandant en chef, marquèrent ces dures journées. Parmi les homme frappés mortellement lors de l’assaut, les officiers y figurèrent pour un quart, les sous-officiers pour un autre quart. L’héroïque colonel Combe, ancien chef de corps de la Légion, après avoir reçu plusieurs blessures mortelles à l’intérieur de la ville, se retira dans sa tente pour mourir. Le sergent- major Doze conquit un drapeau qui figure toujours aux Invalides à Paris. La Légion fut récompensée par la réorganisation des compagnies d’élite au  sein des 1er et 2eme bataillons. En 1838, La Légion est à trois bataillons et se regroupe aux abords d’Alger puis, la majeure partie de son effectif tient garnison à Bône. La guerre contre Abd el-Kader ne tardera pas à se rallumer, l’Emir ayant refusé à admettre l’attribution à la France de la région de Constantine. Au mois de mai 1839, le 1er bataillon participe à l’expédition de Djidjelli. C’est une suite meurtrière de combats contre les Kabyles au cours desquels la Légion perdra l’un de ses plus anciens officiers, le commandant Horain. En 1840, le maréchal Valée décide de s’établir solidement à Médéa, Miliana, Cherchell et Mascara. Deux bataillons de la Légion font partie de la colonne partie le 27 avril et dont le but est l’occupation de Médéa. La Légion se distingue lors du mémorable enlèvement du col de Mouzaïa. Médéa est occupé le 13 mai. Début juin, le maréchal Valée conduit une autre colonne à Miliana et y laisse deux bataillons dont le 4eme de la Légion. De juin à octobre tous les assauts ennemis sont repoussés, mais les fièvres et la dysenterie déciment la garnison. Il faut pourtant se battre chaque jour. Des 1200 hommes environ dont disposait le Lieutenant-colonel d’Illens, 150 à peine sont capables d’un service actif. Les deux bataillons de Légion qui, sous les ordres du colonel de Hulsen, occupent Fondouk, sont eux aussi frappés par la maladie qui emporte avec le colonel, 9 officiers et 207 légionnaires.   Copyright 2011 le fanion vert et rouge. Tous droits réservés. Concepteur J-Yves Morvan Horace Vernet