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L'INFO DU FANION VERT ET ROUGE |
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Les Seigneurs de la guerre |
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L'Odyssée et la fin du 1er REP en Algérie |
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Après l’Indochine avec son bilan à nul autre pareil: 309 officiers; 1082 sous-officiers; 9092 légionnaires morts pour la France... 10483 hommes périrent ainsi sous le képi blanc auxquels s'ajoutent les 2162 tués du Tonkin, soit 12645 hommes... l'équivalent de 12 régiments. La légion n'aura guère le temps de souffler! Elle doit maintenant combattre pour un sol dont, il y a 123 ans (en 1954), la conquête a provoqué sa création (décret de LouisPhilippe du 9 mars 1831). Peut-être va-t-elle écrire sa dernière page guerrière là où elle a écrite la première... Ce sont des hommes ébranlés qui arrivent en Algérie. Ils portent un fardeau d'obsessions, de lassitude et de mélancolie où se télescopent la souffrance physique et morale endurée dans les camps viets, l'image des drapeaux amenés, celle des copains qu'ils ne reverront plus. Ils découvriront dès lors les pitons désolés, les crevasses, les gorges et les torrents, les paysages déchiquetés, les terrains de guérilla et le désert. De nouveau la souffrance, la grandeur, la passion, la misère et la mort... Quand on les lâchait, ces guerriers savaient, mieux que quiconque, se glisser partout, tomber où on ne les attendait pas, prendre aussi l'apparence de la terre, de l'ombre ou de la lumière, se serrer la ceinture, manger de la poussière, avec les mêmes lois que ceux d'en face. Ils constituaient le plus beau régiment du monde, jalousés, admirés et vénérés parce qu'ils étaient capables de mourir avec panache, en criant« Vïve la Légion! ». C'étaient ces mêmes hommes qui avaient supporté les maux les plus terribles à Na-Cham, à Cao-Bang et à Diên Biên Phu, dans le Delta du Mékong ou au Tonkin, ces héros aux caboches cuites et recuites, aux Crânes rasés, aux visages et aux corps sillonnés de blessures comme des inscriptions pâlies qui semblaient dire: « Moi j'étais à NamDinh; moi à That-Khé», où on lisait sur les uns: « TuyenQuan, Ninh-Binh », sur les autres « Na-Sam, Dong-Khé, Coc-Xa », les bohèmes de la Gloire, héros boueux et quinteux, horde famélique, mais disciplinée comme une « chiennerie » bien dressée, qui vivait de rien, mourrait pour rien, et valait tout. Cette guerre, la légion étrangère, vigile de l'empire Français, va la considérer comme la sienne. Car pour elle, l'Algérie c'est avant tout Sidi-Bel-Abbès, qui n'était, en 1830 qu'un mausolée arabe près d'une touffe d'aloès, et dont les légionnaires ont fait leur capitale, bâtissant eux-mêmes les casernes et dessinant la ville. Une ville sanctuaire pour ces régiments étrangers, dont la légende, les souvenirs, les traditions sont un sacro-saint patrimoine.Sidi-Bel-Abbès, au cœur de l'Oranie, sera la mère nourricière et la plaque tournante de la légion. Là, ils apprendront à tout supporter, à tout surmonter, en premier lieu la déception des premiers jours et, parfois, la révolte qui gronde en eux. Là, le dur est brisé, le romantique touche terre, les légendes meurent. Là sera formé l'esprit légionnaire, là la fierté sera acquise: fierté d'être une armée dans l'armée, fierté d'être supérieure aux autres, fierté, amère peut-être, d'être ce corps qui, si souvent depuis cent soixante quinze ans, est le premier et le dernier recours de généraux: « Faites donner la légion!» Dès lors, de nouvelles aventures attendaient ces hommes, avec au bout du voyage, la mort, puisqu'ils étaient «soldats pour mourir»
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